Le sommeil du nourrisson : et si votre bébé était tout simplement… normal ?
- morganefassot
- 21 mai
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 juin
Pourquoi les réveils nocturnes sont souvent normaux (et quand ils méritent d'être explorés).
Il est 3 h 17.
Vous ouvrez les yeux avant même d'entendre les pleurs.
Vous savez déjà.
Votre bébé est réveillé. Encore.
Vous regardez l'heure.
Le réveil sonnera dans trois heures.
Vous repensez à la phrase entendue la semaine dernière, chez votre belle-mère, ou dans un groupe de parents en ligne :
« À son âge, il devrait faire ses nuits. »
Et vous vous demandez, dans le silence de cette nuit, si vous faites quelque chose de travers.
Avant de chercher une méthode, avant même de vous demander si quelque chose cloche, posons-nous ensemble une question différente.
Et si le problème n'était pas le sommeil de votre bébé… mais l'image que nous nous faisons du sommeil des bébés ?

Ce que cela signifie pour vous Cet article ne vous proposera pas de méthode miracle. Il vous proposera quelque chose de plus précieux : comprendre. Parce qu'une fois qu'on comprend vraiment comment fonctionne le sommeil d'un nourrisson, on ne le vit plus tout à fait de la même façon. |
1. Le sommeil du nourrisson n'est pas le sommeil d'un adulte
Commençons par là. C'est peut-être évident dit comme ça, mais ses implications sont immenses, et on les oublie vite quand on manque de sommeil soi-même.
Une architecture différente et une raison précise
La façon dont le sommeil s’organise en différentes phases au cours d’une nuit est ce que l'on appelle l'architecture du sommeil. Chez l'adulte, le cycle commence par un sommeil lent léger, glisse vers un sommeil lent profond, puis atteint le sommeil paradoxal, celui des rêves. Un cycle dure entre 90 et 110 minutes. Aux passages entre les cycles, des micro-éveils surviennent, mais ils sont si brefs que l'adulte ne les perçoit pas : en quelques secondes, il s'est rendormi sans en avoir conscience.
En pratique, cela signifie que la plupart des adultes traversent la nuit sans s'en souvenir.
Chez le nourrisson, tout fonctionne différemment. Le nouveau-né entre d'abord dans un sommeil dit agité, l'équivalent du sommeil paradoxal, avant d'accéder éventuellement à un sommeil calme. Ce sommeil agité représente jusqu'à 50 % de son temps de sommeil total, contre 20 à 25 % chez l'adulte. Et pendant ce temps, votre bébé bouge, sourit, fait de petits bruits, fronce les sourcils, sursaute. Ce n'est pas anormal. C'est son cerveau qui travaille.
Le saviez-vous ? Le cerveau d'un nourrisson double presque de volume au cours de la première année de vie. Une part importante de cette maturation se déroule pendant le sommeil paradoxal, biologiquement, c'est un temps de construction cérébrale intense, pas un obstacle à surmonter. |

Imaginez un instant…
Imaginez que vous soyez réveillé(e) toutes les 45 minutes. Vous ouvrez les yeux. Vous cherchez à savoir où vous êtes. Vous vérifiez que tout va bien. Vous avez besoin d'un moment pour retrouver vos repères avant de vous rendormir.
C'est exactement ce que vit votre bébé à chaque fin de cycle.
Un cycle de sommeil dure entre 45 et 60 minutes chez le nourrisson, soit presque deux fois moins qu'un adulte. Et à chaque transition entre deux cycles, le bébé accède à un niveau de conscience plus élevé. Contrairement à l'adulte, il n'a pas encore développé les capacités neurologiques pour se rendormir seul systématiquement. Il peut alors appeler, pleurer, chercher un contact. Non pas parce qu'il « fait des caprices » mais parce que son système nerveux n'a tout simplement pas encore les outils pour faire autrement.
La mélatonine : une hormone qui prend du temps
La mélatonine est l'hormone principale de l'endormissement. Elle est produite en réponse à l'obscurité. Or, le nourrisson ne la sécrète pas de façon autonome avant l'âge de 3 à 4 mois environ. Avant cela, il en reçoit via le lait maternel nocturne, ce qui explique en partie pourquoi les tétées de nuit ont une vraie fonction chronobiologique.
Le rythme circadien, cette horloge interne qui nous signale si nous sommes en « mode jour » ou « mode nuit », se met en place progressivement entre 2 et 4 mois, sous l'influence de la lumière, des repas et des interactions sociales. Avant cela, votre bébé n'a simplement pas les outils biologiques pour distinguer le jour de la nuit de façon stable. Ce n'est pas une question de volonté.

Ce que cela signifie pour vous Si votre bébé se réveille toutes les 45 minutes, cela ne signifie pas qu'il ne sait pas dormir. Cela signifie peut-être simplement qu'il est arrivé à la fin d'un cycle… et qu'il a encore besoin de vous pour retrouver le sommeil. Ce n'est pas un échec. C'est de la biologie. |
À retenir ✓ Le sommeil du nourrisson est biologiquement différent de celui de l'adulte. ✓ Ses cycles sont deux fois plus courts, les éveils entre cycles sont physiologiques. ✓ Le sommeil paradoxal représente jusqu'à 50 % de son temps de sommeil : c'est un temps de maturation cérébrale. ✓ Le rythme circadien se met en place entre 2 et 4 mois, avant votre bébé n'a pas les outils pour différencier jour et nuit. |
2. Les réveils nocturnes : ce que les études disent vraiment
Combien de fois votre bébé devrait-il se réveiller la nuit ? La réponse honnête, celle que la recherche nous donne, est probablement bien différente de ce que vous avez entendu.
Les chiffres réels
Plusieurs études de grande envergure ont suivi des nourrissons de la naissance à 12 mois ou au-delà, en mesurant objectivement leurs éveils nocturnes. Les résultats sont convergents et souvent surprenants pour les parents :
• À 3 mois, la grande majorité des bébés se réveillent encore au moins une fois par nuit.
• À 6 mois, plus de la moitié présentent encore des éveils nocturnes réguliers.
• À 12 mois, près de la moitié des bébés se réveillent encore sans qu'aucun facteur pathologique ne soit identifiable.
Ces chiffres contrastent fortement avec les attentes de l'entourage et avec ce que l'on voit circuler sur les réseaux sociaux.
Le saviez-vous ? Même les bébés que leurs parents décrivent comme « faisant leurs nuits » présentent des micro-éveils mesurés en laboratoire. La différence ? Ils ont appris à se rendormir sans signaler leur éveil. Ce n'est pas l'absence de réveils : c'est l'autonomie dans le retour au sommeil. Et cette autonomie se développe, elle ne se programme pas. |
Le cas particulier des bébés allaités
Les bébés allaités se réveillent statistiquement plus souvent que les bébés nourris au biberon. Cette réalité, souvent vécue comme un problème, mérite d'être comprise pour ce qu'elle est : une cohérence biologique.
Le lait maternel est digéré environ deux fois plus vite que le lait infantile. La prolactine, l'hormone de la lactation, est sécrétée préférentiellement la nuit. Et le lait maternel nocturne contient du tryptophane, un précurseur de la mélatonine, qui participe à la régulation du rythme circadien du bébé. Les tétées nocturnes ont donc une fonction réelle et les interrompre prématurément peut, dans certains cas, fragiliser la production lactée.

Ce que cela signifie pour vous Votre bébé allaité se réveille souvent la nuit. Ce n'est pas parce que vous faites quelque chose de travers. C'est parce que son alimentation et son sommeil sont biologiquement liés d'une façon que la nature a conçue ainsi. Si cet épuisement devient difficile à porter, la question n'est pas d'arrêter l'allaitement, c'est de trouver ensemble des stratégies adaptées. |
3. Pourquoi comparer son bébé est une erreur
Il m'arrive souvent d'entendre cette phrase, au début d'une consultation :
« Je crois que mon bébé ne sait pas dormir. »
Et très souvent, après avoir pris le temps de comprendre toute l'histoire de cet enfant, sa naissance, son alimentation, son développement, son quotidien, ma réponse est différente de ce que les parents imaginent.
Le problème n'est pas toujours le sommeil.
Une variabilité biologique immense et largement héréditaire
La recherche en sciences du développement a clairement établi que le sommeil du nourrisson présente une variabilité interindividuelle très large. Des études sur des jumeaux montrent que le tempérament de sommeil, la facilité à s'endormir, la durée des cycles, la réactivité aux éveils, est influencé de façon significative par les facteurs génétiques.
Autrement dit : un bébé qui dort facilement n'est pas le résultat d'une méthode. Et un bébé qui se réveille souvent n'est pas le résultat d'une erreur parentale. Deux bébés élevés de façon identique, dans la même famille, peuvent avoir des profils de sommeil radicalement différents et les deux peuvent être parfaitement normaux.
Quand « faire ses nuits » ne veut pas dire ce qu'on croit
Lorsqu'un parent dit que son bébé « fait ses nuits », que cela signifie-t-il exactement ? Les définitions varient beaucoup selon les études : 5 heures de sommeil continu pour certains chercheurs, 6 heures pour d'autres, « ne pas nécessiter d'intervention parentale » pour d'autres encore. Ces définitions ne sont pas équivalentes.
Par ailleurs, les études utilisant des actimètres montrent systématiquement davantage d'éveils que ce que les parents rapportent. Les parents sous-estiment fréquemment les réveils de leur bébé simplement parce qu'ils ne s'en souviennent pas toujours le lendemain matin.
Le saviez-vous ? Dans les groupes de parents en ligne, on partage plus facilement une réussite qu'une difficulté ordinaire. Les témoignages de bébés qui font leurs nuits à 8 semaines sont surreprésentés. L'image globale est faussée et les parents qui lisent ces témoignages se sentent anormaux alors qu'ils vivent la réalité de la majorité. |
Ce que cela signifie pour vous Si quelqu'un vous dit que son bébé dort toute la nuit depuis 2 mois, c'est peut-être vrai. C'est peut-être une définition différente de la vôtre. Et peut-être que ce bébé-là a un profil neurologique qui le rend moins réactif aux éveils entre cycles, ce qui n'a rien à voir avec ce que ses parents ont ou n'ont pas fait. |
4. D'où viennent nos attentes et pourquoi elles nous pèsent
Nos attentes vis-à-vis du sommeil des bébés ne tombent pas du ciel. Elles sont le fruit d'une histoire culturelle précise et relativement récente.
Une construction culturelle et historique
Dans la très grande majorité des sociétés humaines à travers l'histoire, et encore aujourd'hui dans de nombreuses cultures traditionnelles, le co-dodo est la norme. Les bébés dorment à proximité de leur mère, têtent à la demande, et ne sont pas séparés pour dormir seuls dans une pièce.
C'est le modèle occidental, apparu progressivement avec l'industrialisation et l'essor de l'individualisme, qui a institué le sommeil solitaire du nourrisson dans sa propre chambre comme référence. Ce modèle est récent, culturellement situé , et biologiquement en décalage avec les besoins réels du nouveau-né.
Le bébé humain : une immaturité de naissance profonde
Le bébé humain est, parmi les primates, celui dont la naissance intervient le plus tôt relativement à son développement cérébral final. À la naissance, son cerveau n'est développé qu'à environ 25 % de sa taille adulte. Cette immaturité explique pourquoi le nouveau-né a un besoin aussi intense de proximité, de contact, de réponse rapide à ses signaux.
Ce n'est pas de la dépendance à éliminer. C'est de la physiologie.
Les discours prescriptifs et ce qu'ils omettaient
Le XXe siècle a vu fleurir des ouvrages promouvant des horaires rigides et des méthodes pour « dresser » le sommeil des bébés. Ces approches s'appuyaient sur des considérations pratiques et des biais culturels, les neurosciences du développement n'existaient tout simplement pas encore à l'époque.
Aujourd'hui, ces disciplines nous apportent un regard différent. Les données disponibles suggèrent qu'un bébé qui pleure seul sans réponse n'apprend pas nécessairement à « se calmer », il apprend que ses signaux n'ont pas d'effet. Les implications sur le développement de la régulation émotionnelle restent un sujet actif de recherche, et les résultats invitent à la prudence dans les formulations.
À retenir ✓ Nos attentes sur le sommeil des bébés sont culturellement construites, pas biologiquement fondées. ✓ Le bébé humain naît avec un cerveau immature qui a besoin de proximité et de réponse. ✓ Les discours prescriptifs du siècle dernier ne s'appuyaient pas sur les neurosciences du développement. ✓ Comprendre ce contexte permet d'accueillir les besoins nocturnes de son bébé différemment. |
5. Ce que la recherche nous apprend sur le développement du sommeil
Voici ce que les données actuelles, en chronobiologie, neurosciences, et psychologie du développement, nous permettent de dire avec confiance.
Le sommeil se régule, il ne se programme pas
Des chercheurs spécialisés dans le sommeil périnatal ont documenté les interactions physiologiques entre la mère et le nourrisson pendant le sommeil. Ces travaux montrent que la co-régulation, le fait que la mère et le bébé régulent mutuellement leur sommeil, leur respiration, leur température, est un mécanisme biologique profond, issu de millions d'années d'évolution.
Le sommeil du nourrisson n'est pas un comportement à apprendre. C'est un système qui se développe, porté par la maturation neurologique, les besoins alimentaires, et la qualité de l'environnement affectif. Il se régule, il ne se programme pas.
Des repères sans pression
Entre la naissance et 6 mois, le sommeil du bébé évolue sous l'influence de plusieurs facteurs qui se déploient selon leur propre calendrier :
• La mise en place du rythme circadien (entre 2 et 4 mois)
• Le développement de la sécrétion autonome de mélatonine (vers 3-4 mois)
• La maturation progressive de la capacité à enchaîner les cycles
• Les besoins alimentaires liés à la croissance
• Le tempérament neurologique individuel
Entre 6 et 12 mois, on observe souvent une amélioration, mais pas de façon linéaire. Les poussées de croissance, les percées dentaires, les étapes motrices majeures peuvent perturber temporairement un sommeil pourtant en train de se consolider. La régression du sommeil vers 8-10 mois est bien documentée, en lien avec une accélération du développement cognitif. Elle est normale, et transitoire.
Et au-delà de 12 mois ?
Beaucoup de parents pensent qu'après un an, les réveils nocturnes devraient être derrière eux. Les données disponibles suggèrent autre chose : la variabilité du sommeil reste importante jusqu'à 2-3 ans, particulièrement chez les enfants allaités, les enfants à haut besoin de contact, et ceux présentant un tempérament plus réactif.
Cela ne signifie pas qu'il faille tout accepter sans chercher à comprendre. Mais cela signifie que la normalité est bien plus large qu'on ne le dit généralement.
Ce que cela signifie pour vous Si votre enfant de 14 ou 18 mois se réveille encore la nuit, vous n'avez pas « raté » quelque chose. Vous êtes dans la réalité de ce que vivent de nombreuses familles, simplement cette réalité est rarement montrée. Et si elle vous épuise, c'est une raison de chercher de l'aide, pas de vous culpabiliser. |
6. Quand le sommeil mérite d'être exploré
Dire que les réveils nocturnes sont souvent normaux ne signifie pas qu'ils le sont toujours. Il existe des situations dans lesquelles quelque chose mérite d'être regardé de plus près, non pour « régler le problème de sommeil », mais pour comprendre ce qui, derrière les réveils, traduit un besoin spécifique.
Les signaux à ne pas ignorer
Certains réveils méritent une attention clinique particulière. Ce sont ceux qui s'accompagnent de :
• Signes évidents de douleur ou d'inconfort : arc en arrière, pleurs intenses et difficiles à calmer
• Régurgitations fréquentes et douloureuses, refus d'alimentation, difficultés à téter
• Respiration bruyante, ronflements, pauses respiratoires pendant le sommeil
• Agitation nocturne intense qui ne cède pas malgré le réconfort
• Sueurs nocturnes abondantes ou inhabituelles

Ce que l'approche globale peut révéler
Certains bébés ont des réveils fréquents non pas parce qu'ils « ne savent pas dormir », mais parce que quelque chose dans leur corps les empêche de se détendre pleinement. Dans ma pratique, je rencontre régulièrement des bébés dont les difficultés de sommeil sont liées à des tensions physiques, résultant souvent d'un accouchement difficile ou d'une extraction instrumentale. D'autres présentent une dysfonction orofaciale qui perturbe à la fois la succion et la qualité du sommeil. D'autres encore ont une hypersensibilité sensorielle qui rend chaque transition veille-sommeil plus difficile.
Ces situations ne répondent pas à une méthode comportementale. Elles répondent à une écoute clinique, à une observation du corps dans sa globalité, et à une prise en charge adaptée.
L'épuisement parental : un critère clinique à part entière
Il mérite d'être dit clairement : votre épuisement compte. Un sommeil fragmenté pendant des mois a des effets réels sur la santé mentale et physique des parents. Ces effets ne doivent pas être minimisés au prétexte que « les réveils sont normaux ».
La normalité des réveils et la difficulté réelle qu'ils représentent pour les parents peuvent coexister. Les deux sont vrais en même temps. Et les deux méritent d'être entendus.
Ce que cela signifie pour vous La question n'est pas : « comment faire dormir mon bébé ? » La question est : « qu'est-ce que ces réveils nous disent des besoins de mon enfant et de moi ? » Une consultation ne cherche pas à appliquer un protocole. Elle cherche à comprendre votre bébé, votre histoire, votre quotidien, et à trouver ensemble ce qui a du sens pour votre famille. |
7. Les idées reçues, ce que la science répond
« Mon bébé doit faire ses nuits à 3 mois »
Faux. À 3 mois, la grande majorité des bébés se réveillent encore une à plusieurs fois par nuit. Il n'existe pas d'âge à partir duquel le sommeil continu devient la norme. Les recommandations pédiatriques officielles ne définissent aucun âge-cible pour les nuits complètes.
« Ajouter des céréales dans le biberon aide à dormir »
Non. Plusieurs études contrôlées n'ont pas trouvé de différence significative dans la durée du sommeil entre les bébés recevant des céréales et les autres. Cette pratique soulève par ailleurs des questions nutritionnelles, et ne repose sur aucune base scientifique solide.
« Laisser pleurer apprend au bébé à s'endormir seul »
Les données sur ce point sont nuancées. Les méthodes d'extinction réduisent les réveils signalés à court terme mais elles ne suppriment pas les réveils physiologiques. Elles modifient le comportement de signalement. Certaines études suggèrent que des bébés ayant cessé de pleurer présentent tout de même une élévation des marqueurs de stress mais ces résultats restent débattus dans la littérature scientifique et méritent d'être interprétés avec prudence. Ce qui est certain : ne plus entendre pleurer n'est pas synonyme d'aller bien.
« Un bébé qui dort avec ses parents ne dormira jamais seul »
Faux. L'autonomie au sommeil est une question de maturation et d'accompagnement progressif, pas de précocité forcée. Les données disponibles sur l'attachement sécure suggèrent que répondre aux besoins dans les premiers temps favorise, à terme, l'autonomie. Pas l'inverse.
« Si votre bébé dort mal, c'est de votre faute »
Absolument faux. C'est peut-être l'idée la plus destructrice qui circule autour du sommeil des bébés. Les parents qui se lèvent la nuit pour répondre à leur bébé ne créent pas un problème, ils répondent à un besoin. Certains bébés ont des profils neurobiologiques qui rendent le sommeil plus difficile, indépendamment de toute pratique parentale. Déconstruire cette culpabilité fait partie intégrante d'un accompagnement bienveillant.
Les points essentiels
À retenir ✓ Le sommeil du nourrisson est biologiquement différent de celui de l'adulte : cycles courts, sommeil paradoxal dominant, éveils physiologiques fréquents. ✓ La maturation du sommeil dépend du développement neurologique, elle ne peut pas être significativement accélérée. ✓ Les réveils nocturnes sont normaux dans la grande majorité des cas jusqu'à 12 mois et souvent au-delà. ✓ La variabilité entre bébés est considérable et largement héréditaire, comparer n'a pas de sens biologique. ✓ Nos attentes culturelles autour du sommeil du nourrisson sont récentes, elles ne reflètent pas des besoins biologiques. ✓ Certains réveils méritent une exploration clinique : douleur, tension corporelle, difficultés respiratoires ou alimentaires. ✓ L'épuisement parental est réel et mérite d'être pris en charge, indépendamment de la normalité des réveils. ✓ Une approche globale (corps, alimentation, développement neurologique, soutien parental) est plus adaptée qu'une méthode comportementale isolée. |

Questions fréquentes
À partir de quel âge mon bébé peut-il faire ses nuits ?
Il n'existe pas d'âge universel. Les données disponibles situent l'émergence d'une consolidation progressive entre 3 et 6 mois, avec une variabilité considérable. Certains bébés dorment 6 heures d'affilée à 2 mois, d'autres pas avant 18 mois, les deux peuvent être parfaitement normaux. Ce qui compte, ce n'est pas d'atteindre un âge cible, mais d'accompagner le développement du sommeil en cohérence avec les besoins réels de votre bébé.
Dois-je laisser mon bébé pleurer pour qu'il apprenne à dormir seul ?
Non. Il n'existe pas de nécessité biologique à laisser un bébé pleurer sans réponse. Des approches d'accompagnement progressif permettent de soutenir l'autonomie au sommeil sans laisser le bébé en détresse. Le choix d'une approche dépend de l'âge, du tempérament de votre enfant, de votre situation familiale et de vos valeurs et gagne à être accompagné par un professionnel qui prend le temps de vous connaître.
Mon bébé allaité se réveille plus souvent. Dois-je arrêter l'allaitement ?
Les réveils plus fréquents chez le bébé allaité sont biologiquement normaux et ne constituent pas en eux-mêmes une raison d'arrêter l'allaitement. Si l'épuisement est réel, une consultation avec une professionnelle spécialisée en lactation peut vous aider à trouver des stratégies adaptées sans compromettre votre allaitement si vous souhaitez le poursuivre.
Comment distinguer un réveil normal d'un réveil qui signale quelque chose ?
Un réveil normal se résout généralement rapidement avec un peu de réconfort, une tétée, ou un contact. Les réveils qui méritent une exploration sont ceux accompagnés de signes de douleur, d'agitation qui ne cède pas, de difficultés respiratoires ou de refus d'alimentation. En cas de doute, une consultation avec un professionnel spécialisé aide à faire la part des choses sans panique.
La thérapie craniosacrale peut-elle aider le sommeil de mon bébé ?
Elle peut être un soutien précieux lorsque des tensions corporelles, souvent séquelles d'un accouchement difficile ou d'une extraction instrumentale, perturbent le confort et le sommeil du bébé. Elle ne constitue pas une méthode de conditionnement du sommeil, mais peut lever des obstacles physiologiques qui empêchent le bébé de se détendre pleinement. Une évaluation globale permet d'identifier si votre bébé peut bénéficier de cette approche.
Quelle est la différence entre une méthode de sommeil et une consultation spécialisée ?
Une méthode de sommeil propose un protocole comportemental standardisé. Une consultation spécialisée prend le temps de comprendre votre bébé dans sa globalité : sa naissance, son alimentation, son développement neurologique, son vécu corporel, votre contexte familial. Ces deux approches ne visent pas le même objectif et ne s'adressent pas aux mêmes situations.
À vous qui lisez cet article…
Peut-être que vous l'avez lu en pleine nuit, un bébé dans les bras.
Peut-être que vous cherchiez une méthode miracle.
Peut-être que vous cherchiez juste à comprendre.
Si votre bébé se réveille souvent, cela ne signifie pas que vous faites quelque chose de travers. Vous êtes peut-être simplement en train d'accompagner un tout-petit dont le cerveau grandit à une vitesse vertigineuse, dont les besoins évoluent, et qui a encore besoin de vous pour traverser la nuit.
Votre bébé grandira.
Son sommeil aussi.
En attendant, j'espère que cet article vous aura permis de comprendre un peu mieux votre enfant et d'être un peu plus indulgent(e) envers vous-même.
Si, malgré cette lecture, vous avez le sentiment que quelque chose ne va pas, faites-vous confiance. Certains réveils sont parfaitement physiologiques. D'autres méritent d'être explorés parce qu'ils traduisent une difficulté alimentaire, digestive, respiratoire, motrice, ou simplement un besoin d'accompagnement. Comprendre ce qui se passe est toujours plus utile que chercher une méthode.
Besoin d'un accompagnement personnalisé ?
Je serai heureuse de prendre le temps d'écouter votre histoire et celle de votre bébé.
Consultations au cabinet à Brive-la-Gaillarde ou en visioconférence.
uninstantparenfant.fr · @uninstantparenfant
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